L'importance de ne pas céder ses
droits d'auteur à un éditeur
L'auteur qui cède ses droits d'auteur n'a plus aucune liberté
d'édition sur son uvre au cours de sa vie, et, pour
ses descendants, cette perte de liberté d'édition
s'appliquera sur une période de 50 à 70 ans après
son décès, selon le pays. Cette cession implique que
vous ne pourrez pas changer d'éditeur pour l'uvre en
question si vous êtes insatisfait de l'éditeur auquel
vous avez cédé vos droits d'auteur ou si un éditeur
vous fait une meilleure offre. Le seul moyen de récupérer
vos droits d'auteur sera de prendre en défaut votre éditeur
suivant l'une ou l'autre des clauses de terminaison de votre contrat.
Par exemple, on peut mettre fin au contrat avec l'éditeur
si ce dernier ne répond à la demande en refusant d'effectuer
un nouveau tirage.
La résiliation a lieu de plein droit lorsque, sur mise en
demeure de l'auteur lui impartissant un délai convenable,
l'éditeur n'a pas procédé à la publication
de l'uvre ou, en cas d'épuisement, à sa réédition.
L'édition est considérée comme épuisée
si deux demandes de livraison d'exemplaires adressées à
l'éditeur ne sont pas satisfaites dans les trois mois. Source
: Art. L. 132-17.
Dans ce cas, le défi de l'auteur est de prouver que l'éditeur
a reçu deux demandes de livraison et qu'il n'y a pas donné
suite. En fait, prendre son éditeur en défaut implique
souvent une démarche juridique trop dispendieuse pour l'auteur,
et ce dernier abonne alors aisément la défense de
ses intérêts. Si jamais l'auteur décède
et que les lecteurs s'intéressent alors à son uvre,
les ayants droit ou les descendants de l'auteur n'ont aucune liberté
d'édition. Ils ne pourront pas partir à la recherche
d'un nouvel éditeur.
Bref, céder ses droits d'auteur sur une uvre dont la
durée de vie en librairie peut ne pas dépasser trois
mois n'est tout simplement plus raisonnable.
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