Les conséquences
Faire publier des nouveaux livres est une chose, trouver l'espace
pour les exposer en librairie en est une autre. Plus il y a de nouveaux
titres, plus l'espace libraire est accaparé.
Dès qu'un nouveau livre paraît en librairie, les précédents
doivent faire place aux nouveaux titres sur les présentoirs
de choix, situés un peu partout au centre des allées.
Aujourd'hui, la durée d'une nouveauté en librairie
se limite à moins de trois mois. C'est un laps de temps beaucoup
trop court pour bien faire connaître un livre auprès
du public et des médias.
Après ce laps de temps, les uvres qui ont obtenu un
certain succès sont placées en tablette pour faire
place aux nouveautés sur les présentoirs des nouveautés,
et les autres sont retournées à l'éditeur.
Les médias et les journalistes sont également écrasés
sous le poids d'une multitude de nouveautés. Quel titre va
attirer leur attention cette semaine? Eux aussi sont limités
: manque de temps d'antenne ou d'espace éditorial. Il y a
tant de nouveautés et très peu de chroniqueurs de
livres et d'espaces réservés pour cet art.
Dès qu'un éditeur cesse la partie médiatique
d'un livre, ce dernier tombe en chute libre. Un livre qui a connu
un certain succès peut continuer à vivre par le biais
du lecteur, mais il ne survivra pas longtemps lorsque le livre perd
de la visibilité.
Donc, nous avons l'éditeur qui reçoit trop de manuscrits
tout en étant limité dans son nombre de publications
et l'auteur qui risque d'attendre cinq ans avant d'être publié
s'il fait parvenir son manuscrit qu'à un seul éditeur
à la fois. Sans être alarmiste, il se peut qu'il ne
soit jamais publié, à moins de le publier lui-même
ou se faire éditer par un éditeur en ligne. Une roue
qui tourne sans fin.
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