Un anniversaire
en forêt
Couché dans son lit, Dylan ne peut pas s’endormir.
Il a trop hâte à demain car il ira fêter
son anniversaire au chalet avec son copain Étienne.
Ensemble, ils se baigneront, feront des châteaux
de sable et si Jean le papa de Dylan le veut bien, ils
pourront dormir à la belle étoile. Mais pour
l’instant, il faut faire dodo pour être en
forme demain matin.
—
Debout c’est l’heure! Fais tes bagages et habille-toi.
On partira bientôt chercher Étienne, dit Jean.
—
C’est aujourd’hui! C’est aujourd’hui!
Répond le petit garçon.
Vite! Dylan court dans sa chambre et met deux pantalons,
deux t-shirts et deux paires de bas dans sa valise. Mais
surtout, il n’oublie pas de se vêtir
lui-même!
—
Qu’est-ce que tu veux : des céréales, un croissant un…
—
Une rôtie au beurre d’arachide avec plein de confiture à la
fraise, s’empresse de dire le petit. Je suis affamé!
Avec tout ce vacarme, Sophie, la maman de Dylan s’est réveillée
:
—
Bon matin à tous! C’est aujourd’hui ta fête mon grand
garçon. Quel âge as-tu déjà?
—
J’ai neuf ans et tu le sais très bien maman!
—
Bon anniversaire chéri, lui dit Sophie, sa maman, en lui donnant un
baiser sur le front. Tu es rendu bien grand!
Maintenant toute la famille est réveillée. Ensemble, on range
les bagages dans la voiture et on part chez Étienne.
Ce sera de magnifiques vacances!
Ding! Dong!
—
Le voilà! Le voilà! S’écrie
le garçon.
— Dylan!
—É
tienne! Viens vite! Ce sera tellement amusant. J’ai
apporté des crayons et des feuilles, on va colorier
pendant la longue route en auto.
Les deux garçons sont très excités de partir au chalet
pour l’anniversaire de Dylan. Ils ont vraiment hâte d’être
arrivés. Papa prend le volant et maman met ses lunettes de soleil.
—
On est prêt! Disent les enfants tout joyeux.
Et les voilà partis pour une aventure extraordinaire! Mais au bout d’une
heure de route, les garçons s’impatientent :
— Papa! Dans combien de temps on arrive?
—
Ho! Je suis fatigué et j’ai terriblement envie d’aller au
toilette! S’exclame Étienne.
— Faisons une pause, dit Sophie.
Tout le monde sort de la voiture et se dirige vers les toilettes. Avant de
repartir, Jean achète un paquet de croustilles pour Étienne et
Dylan. C’est une grosse collation mais puisqu’on est en vacances
on a bien le droit de se gâter un peu. N’est-ce pas ? Ensuite on
retourne dans l’auto et on repart en suivant la route qui mène
au chalet.
Dans la voiture règne une chaleur intense! Même avec une bouteille
d’eau à la main, il fait encore très chaud. Sophie a donc
l’idée d’ouvrir quelques fenêtres. Les garçons
sortent leurs bras et font des vagues avec leurs mains. Cela les fait bien
rigoler et les occupent jusqu’à l’arrivée au chalet.
—
Enfin, nous sommes arrivés! Disent Étienne et Dylan en sortant
de l’auto.
Jean et Sophie s’étirent un peu pour se dégourdir.
—
Bon! Dit papa, sortons les bagages et après nous irons voir le lac.
—
Ho non! Je pense qu’on ne pourra pas faire de bateau aujourd’hui,
dit Sophie. Le ciel est de plus en plus nuageux.
Quel dommage! Les garçons avaient si hâte de pouvoir aller sur
le lac en bateau. Ils sont déçus.
—
Pourrons nous dormir dehors en regardant les étoiles?
—
Et bien si il n’y a plus de nuage et qu’il fait plus chaud ...
—
Hé! J’ai reçu une goutte d’eau sur mon front! Dit Étienne.
— Moi aussi!
Flik, flak, flouk! Des centaines de petites gouttelettes tombent et atterrissent
au sol!
— Il pleut! Il pleut! Allons dans le chalet! Vite!
Chacun apporte quelque chose et rapidement ils se retrouvent tous à l’intérieur
où ils s’occupent à des jeux de société tout
l’après-midi. Après le souper, Dylan s’écrie
:
— Papa! Il ne pleut plus! Pourquoi ne pas faire un petit feu?
Et voilà tout le monde dehors.
— Je vais chercher des chaises. dit Sophie.
—É tienne et moi on part chercher du bois pour allumer le feu.
—
D’accord mais n’allez pas trop loin! Dit Jean qui s’inquiète
parce qu’il faut avouer que c’est une grande forêt où vont
les garçons.
Difficile de trouver du bois pour le feu!
Il est tout mouillé à cause qu’il a plu tout à l’heure.
—
Allons par là !
—
D’accord.
—
Regarde Dylan! La feuille là… Elle bouge!
—
Mais qu’est-ce que c’est?
—
Lentement, les garçons soulèvent la petite
feuille.
— Ha!
—
Une grenouille! Vite elle s’enfuit. Rattrapons-la!
—
Cours! Elle avance vite! Il faut l’attraper pour
la mettre dans une boîte.
— Par ici !
—
Va voir de ce coté!
—
Je la vois juste à coté de cet arbre.
—
Non! Elle est là!
Les deux enfants cherchent, mais pas à la même place. Ils s’éloignent
l’un de l’autre.
—
Je l’ai! Heu… Oups! Ce n’était pas la grenouille.
Et toi tu l’as Éti…
—É
tienne?! Étienne?! Où es-tu!
—
Ha! Ha! Ha! Très drôle! Tu crois que tu me fais peur mais je c’est
que tu te caches.
—
Ho! Aller Étienne sort de ta cachette j’en est mare et… je
commence à avoir un peu peur.
De son côté Étienne cherche Dylan. Lui aussi commence avoir
peur. Il se met donc à courir. Dylan lui a eu la même idée.
Terrifié de ne plus retrouver son ami, les deux garçons regardent
autour d’eux en courant et BANG!
—É tienne!
— Dylan!
—
Ha fiou! J’ai eu si peur de m’être perdu.
—
Et bien je crois qu’on est vraiment perdus! Où sont
tes parents et ton chalet?
—
Dire que c’est aujourd’hui mon anniversaire
et je suis au beau milieu d’une forêt. Peut-être
que je n’aurai pas de cadeaux et que je serai obligé de
vivre ici et de manger des feuilles et mourir sans jamais
revoir mes parents!
—
Ne dramatise pas! On ne va pas mourir ici quant même!
—
Cette forêt est gigantesque.
—
Il faudrait peut-être essayer de retrouver notre
chemin.
—
Mais on ne sait même pas par où aller. Moi
je dis qu’on devrait rester ici et attendre que quelqu’un
nous trouve. Nos parents sont sûrement en train de
nous chercher.
—
Ha non, mes parents! Je les avais oubliés. Ils vont être
furieux.
—
On est vraiment dans le pétrin!
Désespérés, les garçons attendent patiemment que
leurs parents arrivent mais le temps s’écoule et il commence à faire
froid. D’ailleurs le soleil va bientôt se coucher.
—É tienne?
— Oui.
— Crois-tu que mes parents sont en train de nous chercher?
***
En effet, leurs parents sont inquiets et ils les cherchent :
—
Mais qu’est ce qui se passe? dit Sophie, inquiète. On leur a dit
de faire vite et de ne pas aller trop loin. Maintenant ils sont perdus dans
cette gigantesque forêt et il fera bientôt nuit!
—
Mais comment pourraient-ils s’être perdus en si peu de temps? Je
crois qu’il ne faut pas s’inquiéter et qu’ils reviendront
dans un moment. Peut-être qu’ils s’amusent et qu’ils
oublient tout simplement le temps qui passe ?
—
Ha oui, c’est sûr… Ou sinon, ils ont été enlevés
ou plutôt ils sont sortis du sentier sans faire exprès et qu’ils
sont perdus et qu’ils courent n’importe où sans savoir où aller
et qu’ils…
—
Calme-toi! Si tu t’inquiètes autant, on va aller faire un tour
pour voir où ils sont et tout s’arrangera! Fais-moi confiance,
tout va bien aller.
***
—
Nous devrions essayer de revenir sur nos pas, propose Étienne.
—
Très bonne idée mais par où aller?
—
Je ne sais pas vraiment mais je pense que ce côté a un rapport
avec notre entrée dans cette forêt. Je dis ça comme ça,
mais on dirait que ces arbres, là bas, ont l’air de nous inviter.
Qu’en dis-tu ?
—
Ce que j’en dis?! s’exclame Dylan. J’en dis que tu as beaucoup
d’imagination, mais je crois que tout ça, c’est de la folie.
Je fais partie des scouts. J’en ai retenu plusieurs choses. Comme je
sais que quand on est perdu en forêt où ailleurs, il est toujours
mieux de rester à l’endroit où nous sommes. Ainsi, nous
n’épuiserons pas notre énergie. À moins bien sûr
que personne ne vous cherche car, dans ce cas il serait préférable
d’essayer de retrouver son chemin.
—
Tout à fait d’accord!
Maintenant les deux garçons n’ont qu’à attendre
patiemment que les parents de Dylan les retrouvent.
***
Dehors tout près du chalet, Sophie et Jean tentent désespérément
de trouver une solution à leur problème. Alors Jean propose d’appeler
la police pour les aider à retrouver les enfants.
—
C’est une excellente idée! Va chercher mon portable dans mon sac à main.
Jean court jusqu'au chalet et revient avec le téléphone de Sophie
en main, l’air découragé.
—
Nous sommes en pleine forêt, ce qui veut que nous sommes aussi entourés
d’arbres! On ne peut pas appeler.
Ils auraient dû y penser avant. Il n’y a pas
de réseau aussi loin dans cette forêt. Mais
on trouve une solution à tout. C’est d’ailleurs à ce
moment que Jean a une idée qui ne plait pas du tout à Sophie
:
—
Il n’en est pas question, répond Sophie. Mais
Jean insiste jusqu’à ce que Sophie accepte.
— Allons louer un canot!
Pendant que les parents de Dylan vont louer
une embarcation pour aller sur le lac et ensuite appeler
la police loin
des arbres qui bloquent la réception du signal,
les garçons sont inquiets et ont surtout très
peur.
Mais ils continuent de suivre les conseils que Dylan a
appris dans les scouts, alors ils attendent encore et encore
que les secours arrivent.
—
Wow! Que la vue est belle! dit Jean en plein milieu du
lac, sur un vieux canot qui pourrait basculer à tout
moment.
Sophie n’a pas le temps de regarder la vue. Elle
prend immédiatement le portable et appelle les policiers
qui arriveront dans un instant. Rapidement, Jean et Sophie
rament jusqu’au chalet. Les policiers sont déjà là.
—
Désolés de vous avoir fait patienter, dit
Sophie. C’est une longue histoire.
Voici : mon garçon et son ami se sont perdus en
forêt depuis un certain moment et il fera nuit dans
moins d’une heure. Moi et mon mari comptons sur vous
pour les retrouver.
—
On se met immédiatement au travail, vous n’avez
qu’à attendre là. On va vous ramener
ces enfants en moins d’une heure!
***
Plus loin, c’est-à-dire très profondément
dans la forêt, Dylan et son ami Étienne sont
seuls et ont très froid. Leurs dents claquent. Il
fait bientôt nuit. Les enfants sont fatigués
et ils ont hâte de revoir les parents de Dylan.
—
As-tu peur? demande Étienne à Dylan.
—
Je dois te l’avouer! Je n’avais pas peur au
début, mais plus le temps avance, je me demande
si quelqu’un est en train de nous nous cherch…
—
Chut! As-tu entendu ce bruit, demande Étienne en
chuchotant.
—
De quoi est-ce que tu parles? Répond Dylan.
Effectivement, il y avait bien eu un bruit. Crunch! Crunch!
Crunch! Mais qu’est ce que c’est?! Les bruits
sont de plus en plus forts! On dirait qu’ils s’approchent
de plus en plus. Les deux garçons se tiennent. Très
serrés, l’un contre l’autre, ils ont
tellement peur qu’ils ne peuvent s’empêcher
de hurler :
— Haaaaaaaaaaaaaaa!
Les bruits s’approchent de plus en plus quand tout à coup Étienne
sent quelque chose sur son épaule et se retourne brusquement. Devant
lui, un policier est là :
—
Bonjour les garçons! Ou plutôt bonsoir! Venez je vous remmène
au chalet. Vous devez avoir bien froid. Tenez, dit le policier aux enfants
en leur donnant des couvertures.
—
Merci monsieur le policier merci beaucoup! dit Étienne qui est content
de ne plus être perdu.
Rapidement, les enfants et le policier retrouvent les parents de Dylan. En
les voyant, Jean et Sophie courent vers eux. Ils sont si contents de tous se
retrouver!
—
On a bien fait d’avoir appelé la police, dit Jean à Sophie.
—
Désormais, on ne partira plus jamais seuls, moi et Dylan, promet Étienne.
Maintenant que tout le monde est réuni, les policiers
retournent à leur caserne. Heureux de s’être
retrouvés, Sophie, Jean, Dylan et Étienne
passent une belle soirée ensemble à s’amuser
et à rigoler de cette drôle d’aventure.
Ils jouent à des jeux de société.
—
Tu me passes les croustilles, Étienne ? demande
la mère de Dylan.
—
Je ne les vois pas. Où est le plat?
— Ah non, encore une disparition!