Plus de viande
pour Léon
le lion
Autrefois en Afrique, où la savane brillait
au soleil et ondulait au vent un lion nommé Léon
dormait. Il était grand et avait une somptueuse
crinière telle une perruque en or. Doux et affectueux,
Léon était unique au monde.
Léon s’en voulait d`être un carnivore.
Il voulait être l`ami des animaux de la savane
africaine. Il avait beau manger de la bonne viande en
cachette les animaux repéraient toutes traces
de gibier dans ses dents et dans son pelage et ils fuyaient
au pas de course. Cela rendait bien malheureux le pauvre
lion Léon.
Le lion prit une décision : à partir de
ce jour, il ne dégusterait plus de viande. Il
partit à la recherche d`insectes. Il en trouva
plein , mais pas assez à son goût. Il avait
encore faim. Alors il se mit à manger et à manger
d’autres insectes jusqu’à ce qu’il
n’en reste presque plus. Alors qu’il allait
dévorer les dernières petites bestioles,
il s’arrêta et se dit qu’il ne toucherait
plus aux insectes sinon les insectivores n’auraient
plus de quoi manger.
Léon eut une autre idée. Il allait essayer
de manger du poisson et des crustacés. Ses cousins
les chats en mangeaient bien eux, alors il devrait aimer ça.
Malheureusement, difficile de trouver un lac dans une
savane, là où ils se font les plus rares.
Encore moins évident en pleine période
de sécheresse. Non, ce n’était pas
une bonne idée.
Léon gratta le sol : car il a entendu un jour
un tapir recommander à ses petits de gratter dans
la terre humide car on pouvait y trouver, selon lui plein
de larves dodues. Qui sait? Peut-être qu’il
aimerait ça? Léon en goûte une. Pas
mauvais, mais trop gluant à son goût. Il
va en reprendre quand… horreur! Il voit du coin
de l’œil beaucoup de larves qui pendouillent
dans sa crinière et dans sa moustache. Berk, berk,
berk . C’est tout collant. Léon se roule
et se roule dans le sable mais les larves ne partent
point. Lentement, il se dirige vers un baobab et s’y
frotte de toutes ses forces. Ouf les larves tombent enfin
de sa crinière. Pour sa moustache, il donne de
petits coups de griffes à plusieurs reprises et
elles se décident enfin à déménager.
Par la suite, Léon essaya de manger de l’herbe
comme les zèbres et les gazelles . Il en avala
une petite touffe puis brusquement il la recracha. Non,
franchement, ce n’était pas ce qu’il
lui fallait. En avalant l’herbe, celle-ci formait
une boule qui lui bloquait la gorge. Il devait alors
recracher la boule de peine et de misère.
Léon décida d’aller se coucher le
ventre creux. C’est alors qu’il vit un petit
singe courir vers un arbre. Pour se remonter le moral,
le lion décida de courir après le singe,
non pour lui faire mal, mais bien pour s’amuser
un peu. Le petit singe grimpa avec agilité dans
l’arbre. Léon, voulant rattraper le singe
sauta sur le tronc de l’arbre mais il était
trop lourd et il retomba , faisant dangereusement osciller
l’arbre. Il vit soudain une dizaine de singes furieux
qui se mirent à lui lancer des melons , des bananes,
des noix de coco et tous les fruits qui leur passaient
sous la main. Affolé, Léon se sauva. Il était
dans un état lamentable : sa crinière dégoulinait
de jus de melon, son beau pelage, qui brillait au soleil, était
maintenant constellé de fragments de fruits et
avait perdu tout son éclat.
Dès qu’il fut assez loin des singes il
commença à se lécher pour se laver.
Mais, mais… c’était délicieux!
Léon adorait. Il se dirigea à grands pas
vers l’arbre peuplé de singes. Il se mit à agiter
le tronc jusqu’à temps qu’un singe
tombe. Il l’attrapa dans ses bras pour qu’il
ne se blesse pas . Le singe, qui était un bébé singe,
chercha à se sauver mais Léon le retint
et il lui dit doucement à l’oreille : « si
tu me lances délicatement des fruits, je t’aiderais
toi et ta famille mais, s’il te plaît, rapporte
moi des fruits ». Le petit singe remonta dans l’arbre
où il prit des bananes, des melons, des oranges,
des dattes, des noix de coco, et les ramena, tout tremblant,
au grand lion. La famille du petit singe descendit à son
tour et se mit en rond autour de Léon. Le lion
leur demanda ce qui leur ferait plaisir. Un des singes
dit : « quand nous nous déplaçons
au sol, nous ne sommes plus en sécurité,
sers nous de garde contre les autres félins et
les hyènes et nous t’apporterons nos meilleurs
fruits quand tu le voudras ». Tous furent d’accord.
Peu à peu, les singes et le lion devinrent bons
amis. Léon les suivait partout : quand ils allaient
boire, quand ils se déplaçaient d’un
endroit à l’autre. De plus en plus, les
animaux de la savane commencèrent à se
rapprocher de Léon. Bientôt les zèbres,
les girafes, les gazelles , les éléphants,
les rhinocéros, les autruches et les hippopotames
se mirent à faire comme les singes, c’est à dire
offrir des fruits à Léon, en échange
de sa protection.
Un beau jour, en allant boire, le lion
aperçut
une lionne. Dès qu’il s’approcha,
il sentit son cœur battre à toute vitesse.
La lionne était magnifique, elle avait des yeux
verts et ils scintillaient comme des émeraude.
Elle avait le pelage roux clair avec des reflets dorés.
La lionne se tourna alors et ils commencèrent à parler.
Depuis, elle ne quitte plus Léon d’un cheveu.
Eh oui, elle a pris place dans le cœur de Léon.
Du côté des animaux cela ne les dérange
pas du tout, au contraire, ils ont ainsi double protection.
Léon a remarqué qu’elle ne mange
pas de viande : elle est végétarienne.
Ils ont eu plein de petits lionceaux. Eh vous savez quoi?
Les animaux de la savane sont même devenus les
parrains et les marraines des lionceaux.
Bérénice Lemieux
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