Lire c'est magique!
Écrire c'est féérique!
Et garder son coeur d'enfant; c'est s'émerveiller devant la beauté du moment présent.



Cette photo représente un voyage fantastique au pays du rêve et de l'imaginaire.
Jean-François et Alexandra espèrent qu'elle t'inspirera!

DE LA LECTURE À TE FAIRE RÊVER


L'odyssée fantasmagorique de Janie Jolly

Francine Blanchette


 
livre et jeux
pochette dirou

 


Concours : « Jeunes auteurs en verve » Écris-nous un conte ou une histoire !

CONCOURS JEUNESSE 2006-2007

Description de l'élève

Nom Christine Sauvé, 16 ans
Ses motivations pour le concours J'adore écrire, et je désire conscientiser et même faire rêver les gens avec mon univers des mots!
Descriptions de l'élève J'adore la danse et l'écriture,j'aspire à montrer un côté de moi à tout ceux qui veulent bien le découvrir.
 

Vivre sans faim

Outre les frontières qui nous séparent ou les couleurs qui nous différencient, un seul lien unit chacun des êtres que nous sommes. Nous avons tous un départ imposé et une fin indéterminée. La suite reste entre les mains de ceux qui veulent rendre les choses meilleures, êtes-vous une de ces personnes ?
***

Laurie se perdait dans son fouillis. Elle avait du linge par dessus la tête et le sens de l’ordre était une grande lacune chez elle. Sa mère la harcelait de ranger sa chambre car elle attendait des invités vers l’heure du souper, il restait donc à Laurie six heures pour effectuer le miracle de remettre tout objet en place. Elle mit sa musique préférée dans son radio-réveil, c’était des chansons peu communes, ses goûts ne faisaient pas parti de ceux qui passent à la radio.. Ses cheveux bouclés étaient relevés derrière sa tête à l’aide d’un élastique. La coiffure qu’elle faisait à chaque matin la rendait sceptique, mais le résultat était toujours étonnant. Elle portait son plus ancien pyjama de flanelle qui, avec le temps, était devenu souple comme de la soie. Elle était productive, jetant le quart de son linge à la poubelle. Après une ablation de sa garde-robe, la chambre était finalement propre. Le soleil n’était pas encore couché vers 4h30 en cette après-midi de juillet. Elle se préparait doucement quand la sonnerie de la porte retentit.

***

Zahara était agenouillée dans la terre et le soleil lui plombait sur la tête. Ses mains étaient blessés de toutes les graines de café qui avait passées entre ses doigts. C’était son travail, amasser le café dans les champs toute la journée pour la modique somme de 890, 770 colons. Elle avait quatorze ans et déjà plusieurs années s’étaient passé à empiler le café dans les sacs, les jambes en compote. Ses journées étaient longues, elles commençaient lorsque le facteur passait et finissaient lorsque le soleil se couchait. Elle devait faire de la route pour se rendre à son travail et elle la faisait grâce à l’aide précieuse de ses pieds. En revenant un de ces jours, elle avait compté 1600 pas qui la séparait de chez elle. Depuis ce temps, elle comptait ces pas avec l’attente du prochain. Zahara était la deuxième d’une famille de six enfants. Il y avait Lena, l’aînée, Loïc le troisième, ensuite Rihanna, Locas et pour terminer Maloé. En fait, Zahara était bien fière de sa petite famille. Ce soir-là, en revenant de son travail, elle vit une silhouette au loin. Elle approchait d’elle à une vitesse assez rapide. Quelques minutes après, elle reconnu son petit frère Locas qui courait vers elle pour lui parler. Il s’arrêta devant elle, essoufflé. Des larmes ruisselaient dans le coin de ses yeux. Zahara ne se demandait même pas si c’était le vent, ou des larmes de tristesse qui coulaient, elle savait la réponse. Elle prit ses jambes à son cou, et et courut à son tour vers sa maison. Elle ne dit aucun mot à son petit frère, elle avait bien comprit, il la suivi. À son grand étonnement, il réussissait à la rejoindre, pourtant elle avait tellement l’impression d’être intouchable. Elle voyait au loin la fin du chemin de terre, éblouie par le coucher du soleil devant elle. Elle n’arrêta pas de courir, jusqu’à ce qu’elle soit sur le perron de leur petit logement. Elle entra dans l’appartement. Elle aperçut sa maman, assise sur une chaise, la tête entre les mains. Tout le monde était retiré dans leur chambres, sauf Maloé qui se promenait sur le parterre. Elle avait l’air triste elle aussi. Zahara confirma ce qu’elle pensa. Elle éclata en sanglots, plus forts qu’elle aurait pensé, plus épouvantables qu’elle ne l’est imaginé en fait. Elle se rendit a sa chambre et se laissa tomber sur son lit.
***


La mère de Laurie, Louise, alla finalement ouvrir la porte aux invités qu’elle attendait. Le couple d’amis n’était pas seul, ils étaient accompagnés de leur fils, William. Laurie dévala les escaliers, lui jeta un coup d’œil au moment où son pied descendait la quatrième marche. Son pied gauche, inattentif, n’a jamais atteint la cinquième. Laurie déboula! Sa chute créa un immense fracas. Les invités, Maurice, Maria et William tournèrent tous leurs regards vers elle, Laurie devint écarlate. Sa mère couru à son secours, lui questionna sur son état. Son corps était bien intact, mais sa fierté venait de débouler les escaliers de la honte. Sa mère échappa un rire et les trois autres suivirent. Laurie était offusquée et monta dans sa chambre. Elle avait toutefois eu le temps de remarquer la beauté inévitable de William.

Le temps de descendre au rez-de-chaussée arriva bien vite. Laurie retoucha son visage, maintenant dérougi. Elle prit une grande respiration et ouvrit la porte de sa chambre. Ha! Laurie sursauta. William était posté devant elle, le bras prêt à cogner sur sa porte. La couleur rougeâtre de son visage réapparut soudain :

«
- Salut.
-Euh… salut. »

Laurie recula d’un pas et William avança. Ils se regardèrent dans les yeux :

«
- Je voulais te dire que je ne riais pas de toi tantôt.
- Ah d’accord, c’est pas grave, il fallait bien en rire! »

Elle lui fit signe de descendre. Ses yeux doux l’avaient amadoué tout de suite, il était si mignon de venir s’excuser à elle, Laurie avait pensé. Un sourire orna le coin de sa bouche et elle essaya de retenir la gène qui la faisait pour une deuxième fois rougir.

Laurie regardait son assiette avec un air interrogateur. Elle se demandait comment elle allait bien ingérer son souper. Son estomac était noué, elle sentait quelques sueurs froides. William ressentait la même chose, mais le spaghetti de Louise semblait succulent alors il avala tout. Les parents des deux adolescents n’avaient même pas remarqué les regards que ceux-ci se lançait de bord en bord de la table. On sentait une friction entre les deux, un genre de magnétisme. Ils se sentaient attirés autant que repoussés. Ils se regardèrent, non pas comme des étrangers, mais bien comme s’ils s’étaient toujours connu. Laurie sentait l’énergie qui les reliait, elle ne pouvait expliquer ce phénomène mais elle l’appréciait déjà. Qui aurait pu croire que des escaliers pouvaient la faire monter jusqu’au ciel?

La soirée se termina en une série de rires. Les invités se préparèrent à quitter la maisonnée. William avait parlé à Laurie toute la soirée en tant que bons amis, mais la manière qu’il regardait ses lèvres n’avait rien d’un sentiment d’amitié. La maman de William prit les clés. Tous les gens se saluèrent et la famille Fournier décollèrent. Maria, la mère, prit le volant, démarra le moteur, appuya sur l’accélérateur et 20 secondes plus tard un bruit sourd se fit entendre. La voiture s’immobilisa, toute éteinte. Le père de William, Maurice sorti de la voiture, un peu fâché. Le moteur avait brisé, avait conclu Jonathan, le père de Laurie. Louise prit la parole :

«
- Maria, couchez donc ici, j’ai de la place!
- Ça pourrait être une idée, vous êtes trop en boisson pour conduire et prendre un taxi est impossible, ça coûterait la peau des fesses!
- Alors, prenez donc un autre verre, dit Jonathan. »

C’était bien le comble du malheur mais Laurie laissa apparaître un sourire. William, de son côté, fit de même. Quelques heures de plus à se regarder vont peut-être estomper la passion entre ces deux-là! Elle et lui n’en étaient pas si sûrs.

***

Zahara ouvrit ses yeux quelques minutes après. Elle était comme dans un autre monde. Son père ne reviendrait plus. C’était la raison de la course de son petit frère, des pleurs de sa mère et des regards tristes de Maloé. La guerre leur avait volé leur papa. C’était d’ailleurs leur crainte depuis que la bataille avait éclater entre le Costa Rica et le Nicaragua. Leur espoir c’était effondré, enseveli sous une tonnes d’armes et de gens loyaux à leur pays. Zahara se leva pour aller donner une caresse à sa mère qui pleurait dans la cuisine, Rihanna l’avait rejointe. Elles s’étaient enlacées à trois. Un paquet d’amour et de pleurs réunis, Locas s’était mis de la partie. Leur mère avait commencé le souper. L’eau qui bouillait interrompit leur étreinte.


Zahara savait que l’argent se ferait rare maintenant dans sa famille. Dans sa tristesse, elle se réveilla deux heures plus tôt pour subvenir aux besoins de ses frères et sœur, du moins améliorer leur sorts. Elle arriva donc 1 heure avant son habitude au travail. Son salaire était encore moindre mais c’était déjà ça de plus. Elle avait décidé de rester jusqu’à la fermeture de la plantation de café. Les premiers jours, elle faisait ses 1600 pas en alternant, course et marche à pied. Une semaine plus tard, elle courait sans cesse. Elle avait trouvé un moyen de libérer un peu sa peine. Plusieurs larmes s’échappaient de ses yeux, lorsque ses pieds, un après l’autre martelaient le sol à environ 7km/h. Elle suait et pleurait en même temps mais elle était forte, elle le savait. Elle arriva à la plantation, prête à travailler. La jeune fille mit ses gants et s’agenouilla.

La température était convenable, plusieurs nuages ornaient le soleil. La journée passa plus vite que les autres. Zahara fit son chemin pour la deuxième fois, les doigts irrités, le teint encore plus foncé. Tout à coup, sur la route, elle aperçut une petite bestiole. Elle avançait sur le sol de terre. C’était un petit lézard. Il était beige, avec une queue d’environ un décimètre. Zahara le trouva drôle, avec ses grands yeux qui la fixait. Il n’était pas plus gros que la paume de sa main. C’était la première fois que Zahara rencontrait un reptile si courageux. Il ne bronchait pas. Il s’éloigna un peu lorsqu’elle approchait sa main, mais il se laissa quand même attraper. Zahara était fière de sa prise. Elle continua donc le chemin à la course. Elle arriva chez elle, fatiguée, et se retira dans sa chambre. Elle cacha son petit ami dans une boîte qui lui appartenait et se présenta à la cuisine. Sa mère faisait chauffer quelque chose sur le poêle. Zahara s’approcha de sa maman qui semblait épuisée. Elle la salua d’un câlin et glissa dans sa poche de tablier les quelques sous qu’elle avait amassé. Sa maman travaillait au coin de la rue dans un petit marché de fruits. Locas s’assit à la table. Il était tout énervé. Il allait encore à l’école et ses camarades de classe l’avait tous trouvé excellent au jeu de yo-yo. Zahara le félicita fièrement. Elle éprouvait une grande complicité avec son petit frère, surtout lorsqu’elle regardait les traits de son visage qui ressemblait particulièrement aux siens. Toutes la marmaille se mit à table. L’aînée servit les bols et versait les fèves aux lard dans ceux-ci. Tout le monde savait que c’était tout ce qu’il y avait à manger, sans oublier le pain. Chacun d’eux se tut et mangea. Tous sauf Zahara. Elle prit son bol et le vida subtilement dans celui de Locas et de Maloé. Elle offrit son petit bout de pain à Rihanna. Elle se retira ensuite dans sa chambre quelques minutes. Quand elle en sorti, tous avait terminé. Elle s’écria :

« Hola Hola! J’ai quelqu’un à vous présenter! »
Tous les petits yeux se tournèrent vers elle, émerveillés. Elle avait ses mains fermées l’une contre l’autre. Elle approcha d’eux. Locas monta, accroupit les deux genoux sur la table. Zahara découvrit ses mains. Elle en laissa sortir le petit lézard. Il marcha doucement sur la table, en fixant toujours avec ses yeux immenses. Chacun des enfants discuta, voulant tous le prendre dans leur mains. Zahara leur demanda quel nom elle aurait bien pu lui donner. Ils lancèrent tous leur idée une après l’autre. Zahara riait. Tout le monde riait, jusqu’à ce que Maloé, la plus jeune, dit : Papa.

Un froid se fit sentir. L’ambiance de fête c’était transformé tout à coup. Zahara accepta l’idée, et tout le monde l’acquiesça. Sa maman sourit du coin des lèvres et Zahara recommença à rire. Tout le monde toucha à son ami, Papa. Ensuite, elle alla le reporter dans sa petite boîte et fit des trous. Elle lui mit un petit bol d’eau et se coucha, les pensées vers son père.

… elle entendait le bruit des vagues, elle sentait l’odeur du sel. Elle se laissa porter par les rires et la cadence de l’eau de mer. Son père la portait, elle n’avait pas peur. Sa mère aussi était là, allongée sur le sable. Son père riait aussi. Il riait parce que la journée était belle et parce qu’il aimait sa fille plus que tout. Les plages du Costa Rica étaient merveilleuses, il en était fier. Il était aussi fier de sa femme et leur autre fille aînée qui jouait sur la plage. La vie était belle, la guerre n’existait pas…

Zahara se réveilla. Ce n’était pas la première fois que ses souvenirs revenait au creux de son cœur. Pourtant, quand papa était là, elle ne s’en rappelait pas d’être aller sur la mer. Maintenant, juste le souvenir perçait son cœur mais le réchauffait en même temps.

***

Les journées à se bécoter passèrent. Presque deux mois avaient passés à vivre pleinement, regarder les soleil briller. Leur relation c’était liée très vite, mais Laurie avait une confiance aveugle avec William. Louise le connut de plus et il était très poli avec elle. Pendant ces semaines, William et Laurie étaient allés au cinéma. Le film qu’ils avaient regardé était un des plus ennuyant mais, même s’il avait été bon, Laurie n’aurait pu s’empêcher de toujours chercher les lèvres de sa nouvelle moitié. Elle ne pouvait se passer de lui, elle l’appelait très souvent, lui aussi d’ailleurs. En fait, Laurie visait la perfection, elle ne devait jamais avoir un détail en trop. En fait, on était porté à croire qu’ils s’aimaient pour vrai, ces deux jeunes fougueux.

Laurie se morfondit pendant une longue journée jusqu’à ce que le téléphone retentisse.. Un frisson longea son côté droit et fit agrandir ses yeux. Il lui demanda de l’accompagner à la plage le lendemain avec quelques amis, sans douter elle accepta. Tout d’un coup, son cœur s’empli de hâte. Le lendemain lui semblait si loin. Pour passer la journée, elle fit la cuisine avec sa mère. Elle aimait bien cuisiner, ça mettait une odeur chaleureuse dans la maison. La soirée passa rapidement en discutant au téléphone avec une de ses amies. Elle avait tellement de choses à lui raconter, son nouvel amour, la plage du lendemain. Elle se promenait d’un bord à l’autre de sa chambre en essayant plusieurs maillots différents. C’était un très grand dilemme. On aurait dit qu’aucun ne l’avantageait autant que ce qu’elle aurait voulu montrer.

L’aube réveilla Laurie tout doucement. Son cœur se mit à débattre lorsqu’elle réalisa que c’était son jour de plage. Elle enfila tout de suite son maillot choisi avec ardeur. Elle avait opté pour le noir avec des fleurs roses. C’était celui qui lui faisait les plus petite fesses, avait-elle pensé. Elle ajouta sa petite robe soleil par-dessus le tout et passa à la toilette. Elle s’examina de haut en bas, arrangea ses cheveux et mis un peu de maquillage. Tout le monde est d’accord sur le fait qu’on ne met pas de maquillage à la plage, mais Laurie s’en foutait, elle voulait être magnifique. Sa mère lui avait fait rôtir un croissant mais Laurie le refusa, elle était bien trop énervée. Elle attendit l’appel de son amour en regardant un film de filles. Ça la faisait rêver de voir ces amoureux dans l’écran en s’imaginant bien à leur place. Sa tête n’était qu’un paquet de rêves et de romans d’amour depuis ces derniers jours. Tout ce qu’elle espérait, c’était la même chose de son côté. Le téléphone sonna. Elle sauta dessus. C’était William. Il l’averti qu’il serait en retard. Elle eu une déception immense, il serait là dans deux heures. Laurie raccrocha, et déprima, tout seule dans son coin. Qu’est-ce que c’était cette si grande frustration qui se logeait en elle? Elle avait envie de tuer et de pleurer en même temps. Elle se mit à penser que peut-être il ne l’aimait plus, peut-être avait-il quelqu’un d’autre? Elle reprit ses esprits. Ses pensées ne tournaient pas rondes. Toute cette frustration pour un retard! Voyons Laurie, réveille-toi.

Elle reprit ses esprits quelques temps après. La jeune fille alla attendre sur une chaise au soleil, histoire de retrouver un peu son teint de plage. Elle s’endormit, les ultraviolets saccageant sa peau.

William la réveilla, elle fit un sursaut. Il l’embrassa, elle sourit. Laurie embarqua dans la voiture de location de ses parents, Maria et Maurice qui avait perdu la leur à la rencontre précédente. William avait son permis de conduire depuis peu, mais Laurie avait entièrement confiance en lui. Arrivés à la plage, Laurie observa son bien-aimé vêtu de ses culottes courte, et d’un camisole bien masculine. Elle laissait apparaître la forme ses bras. Il était beau de partout, Laurie aurait pu passer sa vie à cet instant juste pour le regarder marcher les pieds dans le sable, sans oublier ses yeux si rayonnant au soleil. Ils retrouvèrent quelques amis, proche d’une petite cabane située dans le sable de la plage. Il y avait aussi un terrain de volley-ball et le lac, bien sûr. C’était magnifique! William présenta sa nouvelle copine à ses amis. Cette dernière connu alors, Ric, Julia, Charlie et Marie. C’était déjà deux couples depuis quelques mois. Les jeunes filles étaient superbes et les garçons encore plus. Il y avait seulement Laurie qui se sentait un peu mal à l’aise. Son bikini noir avec des fleurs roses n’était plus du tout à la hauteur finalement. Bref, elle garderait sa robe pour tout le temps que ce serait possible. Marie dit :
« - Laurie, c’est ça? Quel âge as-tu?
- J’ai 16 ans , et vous?
- Ben, on a 17 ans, mais bientôt 18 ! On a vraiment hâte, hein Julia ?. »

Laurie ressenti une honte à être elle-même. Elle aurait voulu s’enfouir dans le sable. Son corps ne lui apparaissait plus du tout comme avant. Elle se demandait réellement comment William avait pu avoir une attirance envers elle quand des belles filles comme celles-là étaient à sa disposition. Il devait jouer un jeu, c’était impossible. Elle n’avait pas d’aussi gros seins et encore moins un ventre plat et bronzé. William vint la prendre dans ses bras. Il lui chuchota à l’oreille.

« - Tu as l’air bizarre. Viens-tu jouer au volley?
- Euh, je pensais aller aux toilettes, est-ce qu’il y en a ici?
- Je crois bien. Je vais demander aux filles de t’accompagner .»

Laurie essaya de répliquer. Elle n’avait pas besoin d’eux pour aller à la salle de bain. Mais avant qu’elle puisse s’exprimer Marie et Julia arrivèrent en courant. Il la tirèrent par la main et l’emmenèrent dans leur course. Devant le miroir des toilettes, les filles comme de coutume, se regardèrent dans le miroir. Elles semblaient parfaites autant dans la réalité que dans leur reflet. Laurie ne pouvait supporter cette image, et ce qui l’effrayait le plus c’est qu’elle ignorait pourquoi. Elle quitta la pièce et laissa les filles à elles-mêmes sans avoir pensé à son petit besoin. Elle alla rejoindre William et lui dit qu’elle aimerait bien partir, elle appellerait sa mère. Il refusa et l’accompagna. Elle avait menti avoir un mal de tête atroce à cause du soleil, il comprit et démarra la voiture. Elle pensait être soulagée une fois les deux fesses assise sur le banc de la voiture, mais non, son corps lui apparaissait toujours aussi laid. Elle arriva chez elle, mais quand elle appela quelqu’un dans sa maison, personne ne répondit, ses parents étaient absents. Elle laissa William entrer avec elle. Sa maison était toujours aussi chaleureuse surtout avec la lumière qui venait de la porte vitrée. Laurie se sentait ébranlée parce qu’ elle ressentait un besoin de se sentir belle. Elle posa ses lèvres sur celles de William. En fait, elle l’embrassa comme jamais. Même William c’était demandé si ce n’était pas trop vite, ils se connaissaient à peine. Laurie retira son chandail et l’attira vers l’escalier. Elle monta, marche par marche, prenant soin de ne pas délaisser ses lèvres. Elle poussa la porte de sa chambre, se laissa tomber sur son lit. Il était couché sur elle, lui souriait. Elle esquiva un sourire. Il était encore plus beau qu’elle pensait lorsqu’il était mis à nu de la sorte. Son cœur battait plus vite qu’elle le croyait aussi…

***

Zahara ouvrit légèrement ses yeux. Le soleil était caché en cette journée à Santa Elena. Zahara voyait des nuages derrière sa fenêtre. Elle mit un pied par terre, s’étira légèrement et prit son courage à deux mains pour se lever. Chaque matin, elle avait une petite pensée pour son père, livré à la bataille il y avait plus de deux mois. Sa mère avait déjà quitter la maison. Locas dormait profondément, Maloé aussi. Elle décida qu’elle ne pouvais aller travailler ce jour-là. Maloé serait seule car Lena était sortie pour la journée. Elle prépara quelques aliments quelle avait trouvé dans l’armoire. Elle fit cuire un peu de soupe. C’était un drôle de déjeuner, mais Zahara n ’y pouvait rien. Les enfants se levèrent un après l’autre, tous les yeux pochés. Après que tous soient servi à leur place respectives, Zahara alla dans sa chambre. Elle sorti du papier et un crayon de son petit tiroir. Elle écrivit quelques encouragements à elle-même., pour se pardonner des gestes qu’elle allait bientôt poser.

Elle retourna dans sa cuisine et desservi ses petits amours. Locas vint la remercier au creux de son oreille. Une chance qu’il était là pour lui faire oublier sa faim. Zahara prit Maloé de sa petite chaise, alla l’habiller de quelques morceaux de linge et l’amena avec elle à l’extérieur de son logement. Il y avait du vent à en couper le souffle. Zahara tenait Maloé fort entre ses bras, et gravit la tempête. Elle se rendit au marché en essayant d’éviter de croiser sa mère qui ne serait pas fière des gestes qu’elle comptait faire. Pleins de petits toits protégeaient les marchands des grosses pluies. Zahara se promenaient entre eux. Elle tenait dans ses bras un petit sac. Zahara déposa Maloé par terre, elle fit quelques petits pas seule. Elle alla rencontrer la dame qui vendait plein de noix assorties. Zahara en empocha plusieurs pendant que celle-ci cajolait sa petite sœur. Elle cacha son sac et reprit le contrôle de Maloé. Elle l’attrapa et parti plus loin, saluant la vieille dame. Elle se retira dans un petit coin, assis Maloé sur ses genoux et reprit son souffle. C’était dure pour une fillette de 14 ans d’agir contre ses valeurs. Du vol, c’était comme trahir son pays, son père lui avait toujours répété, mais leur papa les avait mis dans un piètre état, même s’il y était pour rien. Elle lui demanderait de lui pardonner en regardant le ciel comme elle le faisait chaque soir. Sa famille devait survivre, elle devait se résigner. Elle gonfla ses poumons, entraîna sa petite sœur par la main et continua sa tournée. Maloé faisait toujours aussi fureur auprès des vendeuses. Elle avait un grand sourire, des petits cheveux doux comme de la soie et surtout des grands yeux verts. On ne pouvait résister, Zahara l’avouait. De plus, Maloé jouait très bien son jeu. Elle adorait obéir à sa grande sœur quand elle lui chuchotait « Va taquiner la Madame ». Zahara remplit son petit sac de fruits, de noix, de légumes, de sac de riz et de « yerba matté », une boisson du pays. Elle était fière de ses trouvailles, mais triste en même temps. Elle essaya de renier ses pensées, elle n’avait pas le choix. En entrant chez elle, elle rangea ses denrées dans l’armoire. Elle sortit un fruit, le coupa, elle donna quelques morceau à Maloé en la félicitant. Elle en donna aussi à Locas qui avait remarqué leur arrivée. Rihanna aussi montra le bout de son nez. Tout le monde goûta à la mangue, aussi précieuse qu’elle était.

On cogna à la porte et Zahara sursauta. Elle n’avait pas l’habitude d’entendre ce son. Elle alla ouvrir, en prenant soin de seulement entrouvrir la porte. C’était un homme, très imposant. Il dit :
« - Je dois parler à Mme. Bolanos
- Elle est absente pour le moment. Revenez plus tard s’il vous plait, intervint Zahara.
- Non, je dois entrer. J’attendrai à l’intérieur.
- Non.

Il poussa la porte, Zahara recula. Elle n’avait pas le choix de le laisser entrer. Elle avait envie d’avertir quelqu’un ou de crier mais, personne ne saura jamais pourquoi, elle a gardé son calme. L’homme s’est assis sur une chaise, sous le regard perturbant de Maloé. Zahara ne lui offrit rien à boire ni à manger. Premièrement, parce qu’elle n’avait pas envie et deuxièmement parce qu’elle n’avait rien à offrir. Sa mère arriva quelques temps plus tard ce qui soulagea Zahara. L’homme n’était pas bavard. Lorsque Samira arriva, il en dit beaucoup, même trop.

« - Votre mari devait de l’argent. Si vous ne le rendez pas tout de suite, votre maison sera saisie et vos meubles aussi. Si vous faites le calcul, il ne vous reste rien. Sauf votre 2..3..6 bambinos. Alors, dépêchez-vous, je vous laisse jusqu’à demain, première heure. »

Samira était estomaquée. Elle éclata en sanglots. Elle ne savait que faire, jamais elle ne serait capable de tout rembourser. Pourquoi son mari avait-il des dettes ?

« - Votre mari devait plus que la valeur de tout ce que vous avez. Et comme vous ne pourrez pas payer. Nous allons devoir passer aux choses sérieuses.
- Je ferai n’importe quoi pour que mes enfants aient un toit. Que dois-je faire ?
- Donnez-moi votre aînée. Elle saura rembourser beaucoup plus vite que vous.
- Lena ? Non, jamais de toute ma vie je ferai ça. Allez vous faire foutre, vous êtes un menteur ! Avez-vous des papiers ? Comment puis-je vous croire !
- Votre mari était un menteur. Quand on est menteur, on a aucun papier, on a seulement des hommes qui sont engagés, comme moi pour tuer la famille de ceux qui ne paient pas leurs dettes. »

Lena, après avoir entendu ces phrases se mit à pleurer. Zahara , elle resta cachée derrière le cadre de porte, Locas était derrière elle. La haine envers cet homme ne faisait que grandir en elle. Elle s’imaginait en train de le tuer sur place pour sauver sa famille. Zahara chuchota quelque chose dans l’oreille de Locas. L’homme accrocha Lena par le bras et la tira. Samira pleurait et retenait sa fille. Lena hurlait et se débattait. Le géant grimaçait quand les coups de pied de Lena lui saccageait la cage thoracique. La rage montait en lui. Il n’était pas venu ici pour se tirailler avec une jeune fille de 16 ans. Zahara sorti de son coin, elle dit à Loïc, son frère de 13 ans, qui de retenir sa mère. Il ne comprenait rien du tout à ce scénario. Elle lui dit de se taire et d’obéir brusquement. Il acquiesça. Zahara alla voir l’homme et se positionna en face de lui. Lena s’arrêta tout à coup et la regarda droit dans les yeux.
« - Prenez-moi. Mais vous irez acheter de quoi manger à ma famille. Et plus jamais vous ne l’embêterai…
- J’ai aucun ordre à recevoir d’une petite fille !
- …sinon je prendrai le couteau de mon père pour vous saccager l’intérieur et ce sera alors un autre homme qui sera chargé de venir récolter l’argent, car vous ne serez plus de ce monde.
- Je m’en fous de une ou de l’autre, j’ai pas de temps à perdre alors DÉPÊCHE-TOI ! »

Locas arriva alors avec son sac rempli de ses effets personnels. Zahara lui avait ordonné de vider son tiroir afin d’emballer tous ses souvenirs, il pleurait énormément. Samira venait de réaliser et elle se riva sur sa fille. Son fils Loïc la retenu, elle ne pouvait avancer. Il la tenait entre ses bras. C’était une force qu’il n’avait jamais connu, une mission qu’il n’avait jamais remplie. Loïc trouvait difficile de retenir sa maman afin de l’empêcher de sauver sa sœur, mais c’était son devoir, il savait qu’il devait être fort. Locas embrassa sa sœur, qu’il était brave ce petit homme ! Zahara disparut dans l’embrasure de la porte en criant « Je vous aime » aux siens. Samira s’effondra par terre. Elle était incontrôlable. Elle savait aussi que le drame qui leur arrivait l’était. Ils pleurèrent tous ensemble le départ de leur petite sœur, le genoux sur le sol . Zahara embarquait dans la voiture. Qu’elle était laide ! Elle regarda à la fenêtre son appartement. Elle éclata en sanglots. Elle avait peur, mais au moins sa famille vivrait. C’était la seule chose qui l’importait maintenant…

***


Laurie regardait William se rhabiller. Leur corps qui s’étaient mélangé changeait sa manière de le regarder. Elle l’aimait. C’était fou comme elle l’aimait. Elle n’arrivait pas à expliquer. L’aimait-il autant ? Laurie se posait toujours un millier de questions. Trouve-il son corps assez séduisant ? Il répondait toujours oui, c’était certain. Cela ne réussi pas à la convaincre car jamais il ne lui dirait non.

La lumière qui laissa voir son corps la gênait. En fait, elle avait essayé plusieurs régime qui pouvait la faire sentir mieux dans son corps. Elle attendait d’être « à point » pour se livrer à lui, finalement, le poids qu’elle désirais ne semblait pas encore lui plaire. Ce moment avec lui l’avait rendu plus qu’heureuse, mais Laurie ressentait toujours un petit quelque chose de bizarre. William dût partir, sa mère avait besoin de la voiture pour aller faire l’épicerie. Laurie le reconduit à la porte. Elle l’embrassa et elle referma la porte d’un coup sec. Elle se dirigea tout de suite dans sa salle de bain. En se regardant dans le miroir, elle retira son chandail pour mieux observer ce qui clochait. Elle se regarda de profil et de dos. Laurie fit tous les recoins de son corps. Elle ôta ensuite ses pantalons, ses cuisses la dégoûtait, son ventre aussi. Elle avait de la misère à se regarder comme avant, lorsqu’elle a acheter tous ses maillots de bain qu’elle trouvaient magnifique sur elle. En fait, elle était même fière de pouvoir le porter, car sa poitrine avait grossie. Maintenant, elle voudra qu’elle rapetisse, tout comme chaque parcelle de son être. Elle s’agenouilla sur le bord de la toilette. Elle avait déjà vu sur Internet que cette façon de faire faisait des miracles. Laurie était convaincu qu’elle avait besoin d’un miracle. Elle s’exécuta. Ses doigts furent le travail. Elle vomi son dîner, elle trouva cela tellement simple, même qu’elle avait aimé la sensation de se sentir vide. Son cœur aussi allait se vider à petit feu mais elle l’ignorait encore.

Les jours suivant, elle s’abstenu de manger certaine chose. Elle c’était inventé une petite diète temporaire, histoire de reprendre le poids qu’elle avait en tête, qui semblait se diviser au fil des jours. Sa mère n’avait rien remarqué du tout. Elle mettait son manque d’appétit sur la faute de l’amour, racontant à chaque repas des péripéties enjolivant ses amours de jeunesse. Laurie n’avait pas que cela à penser, l’amour. En fait, William c’était un peu retirer de sa tête ces derniers temps. Elle était occupée à travailler sur elle-même. Lorsqu’il appelait, elle était de bonne humeur, cachant derrière sa voix enjouée ses petites craintes personnelles.

William vint la visiter, il arriva avec des fleurs. Quelle merveilleuse manière de venir toucher le cœur de sa princesse ! Elle riait car elle était heureuse de le voir. Par contre, lui trouvait qu’elle avait changé. Il n’aurait pu mettre le mot sur cette différence. Pourtant, seulement une semaine les séparait de leur dernière rencontre. Elle disait avoir préparé le repas pour tout le monde, William y comprit. Elle cuisina des pâtes, accompagnée d’une salade. La maison était chaleureuse, comme chaque fois que Laurie cuisinait. Elle servit la table. Elle avait donné congé à sa mère. Elle avait même été faire les courses à pied. Laurie servit ses invités. Leur donnant la salade et un plat de pâtes. Elle se servit en dernier et ne prit qu’une salade. Sa mère la reprit sur le fait qu’elle devait manger plus que ça. Elle dit qu’elle en n’avait pas assez car ses portions avaient été mal calculées. De toute façon, Laurie avait un appétit d’oiseau ces derniers temps. Elle disait qu’elle avait grignoté toute la journée. Sa mère se tut et continua à manger. Le repas se fit agréablement dans une ambiance d’amitié et d’amour. Laurie aussi trouvait que la vie était bien belle.. mais en dehors de son corps.

Lorsque le temps de dormir sonna, Laurie alla prendre une douche. Elle fit couler le jet, s’agenouilla devant la toilette… et puisa sa souffrance sans que personne ne l’entende. Elle prit une douche rapide et sorti, toujours fidèle à son pyjama de flanelle. Louise avait installé un petit lit pour William dans la chambre de sa fille. Laurie se coucha dans ses couvertures, son amoureux vint la rejoindre silencieusement. Il l’enlaça et Laurie se crispa légèrement. Elle l’averti que ce soir, elle n’avait pas du tout envie. William se senti choqué. Il ne faisait que l’enlacer et tout de suite Laurie se mit sur ses gardes. Elle lui répliqua d’une façon brusque.

«
- Personne n’a le contrôle sur mon corps !
- Je ne veux pas de contrôle, Lau. Je te prend dans mes bras parce que je t’aime, mais si ça fait pas ton affaire, je vais retourner dormir !
- Ben, fais donc ça ! »

William arrêta sec de parler. Il ne croyait pas ce qu’il venait d’entendre, ce n’était pas Laurie qui avait parlé c’était un monstre ! Il retourna dans son petit lit et resta les yeux grands ouverts à penser. Laurie sommeillait. Elle n’arrivait plus à dormir comme elle le faisait avant. Au moins, elle dormait un peu entre les 10 fois qu’elle se réveillait. En écoutant la respiration de William derrière elle, elle s’en voulait de lui avoir répondu d’une telle façon. Cela la choquait de ne pas contrôler ses paroles parfois, elle se choqua contre elle-même. Quels étaient ces comportements ? Elle ne se reconnaissait plus. Elle se leva de son lit, marcha sur la pointe des pieds, atteignit le lit de William et se coucha à ses côtés. Il se réveilla doucement, l’enlaça et se rendormit. Le lendemain matin, Laurie se réveilla dans ses bras. Même si elle avait chaud là où elle était, elle se leva du matelas. Elle s’habilla silencieusement et sorti dehors. Il faisait chaud, mais elle ne regrettait pas d’avoir mit des pantalons, qui cachait désormais ses cuisses. Elle couru, ne sachant pas où elle irait. Le chemin semblait de plus en plus long, mais elle ne s’arrêtait pas pour autant. Plus loin, toujours plus loin. Elle avait chaud, elle suait de partout. La pensée de toutes ses toxines qui s’évacuaient de son corps l’encourageait. Elle allait au bout de ses limites, son cœur battait à toute allure, elle essaya de reprendre son souffle, mais celui-ci ne venait pas. Après s’être allongé par terre dans son entrée, Laurie entra dans sa maison. Faisant bien attention de ne pas faire de bruit, Laurie se rendit à la salle de bain, comme d’habitude. Elle se doucha. Quand elle monta dans sa chambre, le cadran indiquait 7h.

***

Zahara touchait avec ses doigts le velours des draperies qui l’entouraient. Le mois qui venait de se passer lui avait donné des cernes et avait encore plus affaibli son moral. Elle regardait partout autour d’elle, cherchant une issue à ce qu’elle vivait. Elle était vêtue d’une façon illégale à son avis, c’était une situation qui la mettait très mal à l’aise. Du tissu à paillette recouvrait ses seins, et un triangle d’un autre couleur lui servait de petite culotte. En, fait elle avait envie de pleurer, sa mère lui manquait plus que tout. Chaque jour était de pire ne pire, par contre, elle se disait que c’était la meilleure chose à faire : maintenant, sa famille avait de quoi se nourrir. Le Maître lui avait promis de leur donner de quoi manger. Le Maître, c’était l’homme qui était venu kidnapper sa jeunesse la dernière fois. Il ordonnait qu’on l’appelle par ce nom, ce que Zahara trouvait totalement stupide car il ressemblait plus à un malfaiteur sans scrupule qu’un maître honoré.

Un homme poussa les rideaux, Zahara rougit et se crispa. La honte, et la peur la submergea, pourtant l’homme semblait aussi nerveux qu’elle. Il la regardait de ses yeux pervers. Son innocence c’était toute suite éteinte. Zahara obéissait à ses ordres, petite et sans expérience. Elle ne comprenait rien à rien. Les hommes venait la voir pour la faire souffrir, il la violait et exigeait d’elle des choses atroces, comment cela pouvait-il exister ? Comment Zahara avait-elle pu se retrouver dans ce taudis ? Elle essaya de penser le plus fort qu’elle pouvait à Locas, Maloé, Rihanna qui vivait si bien dans ses rêves. L’homme gémissait, et Zahara pleurait. L’ambiance était noire et cruelle, elle avait envie de vomir ses tripes. Tout d’un coup, c’était trop, elle poussa l’homme qui tomba dans les rideaux bourgognes qu’elle trouvait d’ailleurs d’une couleur dégoûtante et sorti par la fente. La lumière lui fit mal aux yeux, elle pleurait toujours. Deux hommes étaient assis sur des chaises et la regardaient, vu son décolleté ahurissant. Elle cherchait la sortie, nerveuse, quand le Maître l’intercepta. Elle leva les yeux pour croiser les siens. Son regard l’assomma. Il tendit son bras en lui pointant sa petite place en velours. Elle regarda sur les rideaux un pancarte s’y trouvait.

« Je suis une nouvelle recrue, j’adore les nouvelles expériences, aidez moi à perdre ma virginité…
Katalina »
Zahara vint écarlate.
« - Vous êtes un salaud ! J’ai déjà payé, je veux retrouver ma famille !
- Non, tu vas payer encore ! Penses-tu que je vais te laisser aller comme ça ! ?
- Je vous haie ! C’est vous qui allez payer … je le jure sur la tête de ma mère, c’est VOUS QUI ALLEZ PAYER !
Zahara courut jusqu’à ses rideaux et les arrache tous un par un. Le Maître le tint par le bras et la monta à l’étage. C’était un appartement, d’ailleurs très luxueux, il y avait des grandes fenêtre et des fruits dans un plat. Zahara les dévora des yeux. Le Maître verrouilla la porte et l’assit sur une chaise. Il lui ordonna de ne plus bouger. Elle le regarda, ses yeux s’emplissaient d’eau à chaque seconde. Elle avait de la misère à tenir, même si deux jours seulement la séparait de sa dernière rencontre avec sa famille, elle n’avait rien avalé depuis. Le Maître ouvrit le réfrigérateur, il y avait tellement de nourriture ici ! Ce serait le paradis pour tout le monde, avait pensé Zahara. Le Maître commença à couper des fruits d’une façon très rapide. Il sorti quelques biscuits et un verre de lait. Il apporta le tout à Zahara dans une assiette et elle avala quelques fruits. Elle pensa tout de suite à sa famille qui crevait sûrement de faim. Leur réserve de nourriture devaient s’achever à l’heure qu’il était. Zahara s’arrêta brusquement d’avaler tout rond les aliments devant elle. Elle ordonna au Maître d’envoyer tous ces fruits à sa famille, ils en mangeaient très rarement. Le Maître ne répondit rien. Elle hurla.
« - VOUS ALLEZ LEUR ENVOYER, HEN ?! JUREZ-LE ! »
Le Maître acquiesça et la desservit. On aurait dit qu’il avait pitié. Zahara éclata en sanglots. Elle était hystérique, le ventre vide et le cœur remplit de bonté. Elle souffrait seulement pour sa famille, son seul espoir. Elle resterait en vit juste pour qu’eux-mêmes vivent, elle venait du ciel pour aider les siens. Elle survivrait, les jambes molles, sa peau qui embrassait de plus en plus ses os et avec son courage invincible. Le Maître la regarda, au fond de lui désolé d’être obliger de servir à son propre Maître, qui lui ordonnait de livrer cette petite fille dans la gueule de l’enfer…

***

Laurie courait, vomissait, refusait, et maigrissait à vue d’œil. Ses parents étaient de plus en plus inquiets de son état, mais ne semblaient pas voir la gravité de la situation. Un mardi après-midi à 1h, en fait c’était une belle journée de juillet que Laurie s’apprêtait de gâcher, elle marchait, enfin courait vers la pharmacie qui était plus ou moins loin de chez elle. Elle avait l’intention de mettre en pratique un autre truc qu’elle avait vu sur Internet, sur un des sites mortels qu’elle naviguait de temps à autre. Lorsqu’elle mit les deux pieds dans la pharmacie, son souffle coupait encore une fois. Elle réussi à le rattraper, toujours proche de le perdre. Une femme la regardait entrer dans la pharmacie. Elle revenait de son travail et était toujours en tailleur. Laurie avait attirée son attention et la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière les rayons. Laurie regarda derrière elle pour être sure de ne pas se faire regarder, elle entra dans l’allée des médicaments. Elle chercha des yeux le produit qu’elle cherchait, son regard accrocha le bon. Elle monta sur la pointe de ses pieds pour l’atteindre quand une dame en tailleur vint derrière lui pour lui proposer son aide. Laurie refusa, gênée. La dame reparti, sachant que quelque chose ne tournait pas rond avec cette jeune fille. Laurie refit une tentative. Finalement, le bout de son majeur atteint le bas de la bouteille et elle tomba par terre. Elle la ramassa rapidement et dégagea l’allée.

Elle mit la bouteille sur la caisse, essayant de cacher l’étiquette avec un paquet de gomme. La caissière, ayant déjà vu cette bouteille défiler plusieurs fois, ne remarqua rien du tout. Laurie ne dit mot et se dirigea vers la sortie. Après cette expérience gênante, Laurie sorti le produit de son sac, le déboucha et avaler quelques gorgées. Elle regarda ensuite l’étiquette inscrite « Lax-O-Lax », ce laxatif qui finirait sans doute par la faire disparaître.

La mère de Laurie naviguait sur Internet, elle cherchait des informations de personnes spécialisés qui pourraient peut-être l’éclairer au sujet de sa fille unique. Ses yeux s’agrandirent tout d’un coup à la vue d’un site sur l’anorexie, mais déjà entré dans l’ordinateur. Elle cliqua sur celui-ci, des images de filles complètement squelettiques lui apparut sous les yeux. Des mots d’encouragement étaient écrits en dessous de chacune d’eux. « Lâchez pas les filles, faut tout endure… on contrôle notre corps »
Louise vint la gorge nouée. Elle glissa descendit plus loin sur la page. Elle vit Laurie. Ses yeux vinrent plein d’eau à la vue de sa seule fille, presque nue et maigre comme un os. Elle avait remarqué la taille de sa fille qui rétrécissait à vue d’œil, mais jamais sous cet angle, en enlevant ses vêtements larges et des dizaines de camisoles qu’elle portait sous ses chandails. Quand Laurie revint de sa grande marche, encore pleine de sueur, elle entra dans sa maison, reprit encore une fois son souffle et monta à l’étage. Elle vit sa mère clapoter à l’ordinateur, elle remarqua la site qu’elle regardait. Elle hurla à sa mère.
« - T’as pas le droit !
- Quoi ? Penses-tu que toi t’as le droit de détruire ton petit corps comme ça ! »
Louise pleurait à chaude larmes. Laurie entra dans sa chambre et claqua la porte. Elle s’assit sur son lit, prit une grande respiration qu’elle ne trouvait plus et sous les sanglots de sa mère, elle s’évanouit.

***

Zahara restait dans son coin. Elle partageait un dortoir avec plusieurs filles, aussi différentes l’une que les autres. Elle griffonnait sur un papier une lettre qu’elle avait envie d’écrire à ses frères et sœurs.
« Chers amours,
Je sais que la vie est difficile, mais d’où je suis, je ne pense qu’à vous… »

Elle griffonna ce qu’elle venait de d’écrire avec des petites pattes de mouches. Les filles autour d’elle consommaient de la drogue à s’en rendre malades. Ce devait être ça qui rendait l’ambiance invivable, ce qui l’assommait. Ces filles en mini-jupes, les cheveux peignés comme des poupées et les yeux noirs de fatigue irritaient Zahara plus que tout. Elle sorti de sa bulle pour entrer dans le monde de fumée. Ses jambes étaient de plus en plus molles et ses cheveux étaient gras. Elle se dirigea vers le petit lit qui lui étaient attitré et se coucha. Ses yeux fermaient mais ses craintes restaient là, rouges vives. Zahara n’osait plus toucher son corps tellement il avait changé. Ses côtes étaient apparentes et son visage avait aminci. L’amour de sa famille l’empêchait de sentir à quel point elle avait faim. Elle se battait tellement contre le bruit de son ventre qu’elle réussissait à le nier.

Quand elle se réveilla le lendemain matin, elle sentait la faiblesse l’envahir. C’était peut-être à l’idée de retourner se morfondre entre ces deux rideaux sales. Elle essayait d’effacer le fait que c’était parce qu’elle mourrait de faim, elle compensait en pensant à sa famille qui devait se régaler ! Zahara rejoignit les autres filles, ou dirait-on les fillettes qui était dans le même trou qu’elle. L’homme qui les escortait jusqu’à leur « lieu de travail » sentait la sueur et les regardait d’un œil méfiant. Ils traversaient la rue la plus mouvementée de San José. Le bar n’était plus très loin de là, seulement quelques coins de rue. On voyait pleins de gens pressés se rendre de leur point de départ à leur point d’arrivée sans même porté attention à une troupe de filles l’air maussade qui suivait un homme bizarre. Ce dernier avait l’air bien louche, Zahara le fixait totalement. Une seule chose lui trottait dans le tête, elle l’obsédait en fait. Elle regardait la rue, l’homme, la rue et l’homme. Son cœur palpitait de plus en plus. Elle aussi commençait à suer, sa bouche devenait sèche tout à coup. Elle prit sa décision, c’était une question de vie ou de mort. Elle prit une grande respiration, prit ses jambes à son cou et s’éloigna de la troupe le plus vite possible. Elle contournait tous les gens d’affaires. C’était maintenant elle qui était trop pressé pour porter attention à tout autre être différent que sa famille, car c’était son but, sa famille. Elle avait l’intention de la retrouver la journée même. Après avoir couru au moins 4 kilomètres, et que son adrénaline s’était estompé légèrement, elle entra dans un petit restaurant pour demander la direction de Santa Elena. La dame était décourager car c’était un village assez éloigné, mais voyant la pitié de Zahara, elle accepta de s’asseoir quelques secondes avec elle pour lui expliquer. Elle avait bien remarqué que Zahara n’était pas la genre de fillette à être habitué avec la vie de la ville, elle lui détailla alors la manière de se rendre à l’arrêt d’autobus. Zahara était très reconnaissante du geste de la dame et parti à l’aventure, une aventure de vie ou de mort.

***

Les sirènes de l’ambulance alarma Louise. Elle se leva et alla les accueillir à la porte. Ils n’avaient pas du tout le temps de se faire accueillir, ils montèrent tout de suite à l’étage. Deux d’entre eux apportèrent une civière afin de transporter le corps immobile de Laurie. Le stress c’était emparée de Louise, qui n’arrivait pas à joindre son mari. Les ambulanciers demanda à Louise si elle voulait embarquer à bord de l’ambulance, mais elle refusa, voulant prendre sa voiture. Laurie était entre bonnes mains, lui avaient-ils affirmé, mais ce n’était pas ce qui arrivait à ralentir les battements de cœur de la mère. Jonathan finit par rejoindre Louise qui était en route pour l’hôpital, William aussi avait été averti. Ils étaient tous aussi sur le chemin du bâtiment. Dans l’ambulance, l’homme vérifiait la maintenance de Laurie. Il était inquiet de son état. L’ambulancière qui l’assistait aussi doutait du pouls de sa patiente. Laurie respirait à l’aide d’un appareil respiratoire, ce qui n’était pas un très bon signe. Lorsque le jeune homme souleva son chandail, il fut ahuri par la grosseur de Laurie, elle portait en effet plusieurs camisole pour cacher sa maigreur et ne pesait pas plus de 35 kg. Il alerta l’hôpital du cas qu’ils avait en main, qui était plutôt grave. Ils arrivèrent moins de trois minutes plus tard. Laurie restait inerte sur la civière, l’ambulancier se pressait de la diriger vers l’urgence. Elle devait attendre le médecin, mais celui-ci, aussi surprenant qu’il soit ne tarda pas. Il mit Laurie sous observation, elle semblait se maintenir, mais était toujours inconsciente. L’infirmière injecta un soluté dans la veine de son bras droit. Louise et Jonathan arrivèrent en même temps dans la salle, elle n’avait pas droit à plusieurs visite. Jonathan se porta alors volontaire de sortir lorsque William arriverait. Il donna un baiser à sa fille, il s’en voulait terriblement de ne pas avoir vu cette torture avant d’en être rendu-là.

Louise pleurait énormément, elle qui la voyait diminuer ses repas, et courir à quelques reprises, elle avait cru que c’était un moment de questionnement dans sa vie d’adolescente mais elle avait eu tort. Un moment de 5 mois qui n’aurait même pas dû exister. Laurie était maintenant inerte, habillée d’un jaquette bleue qui laissait paraître ses bras pas plus gros que le poignet de sa mère. En fait, c’était l’horreur, un véritable drame. William entra dans la chambre, Jonathan était sorti se chercher un café, ses yeux s’emplirent d’eau. Il se riva sur Laurie, qui ne broncha pas. Il n’osait plus la toucher, comme il faisait il y a quelques temps. Il était bouleversé de voir le corps de sa copine avec un si grand changement, ses os étaient tous plus apparent l’un que l’autre et sa figure n’était désormais plus la même. Il pleura la perte de son être chère.

Deux jours plus tard, Laurie n’était toujours pas sorti du coma, le médecin l’avait appelé ainsi, Louise détestait ce mot. Elle aimait mieux se dire que sa fillette dormait profondément comme lorsqu’elle était un bébé. Les infirmières veillaient sur Laurie comme jamais. Lors de la troisième journée, le médecin averti les parents de la malade que si elle ne se réveillait pas, elle n’aurait bientôt plus assez d’énergie pour seulement respirer. Ils étaient démolis, Louise n’y croyait rien, sa fille vivrait, peu importe le jour où elle se réveillera.

Laurie ouvrit ses yeux lentement. Elle ne voyait rien du tout, la lumière pourtant basse de la place l’aveuglait. Elle n’avait aucune idée de où elle était. Elle avait aucune force en elle, même son petit doigt avait de la difficulté à se déplacer sur les couvertures. Elle prit quand même son courage à deux mains et se leva de son lit tout blanc. Un orteil à la fois, une jambe après l’autre, elle était maintenant assise sur le lit, la main accrochée au barreau de métal. Elle était complètement perdue entre ces murs qui ne parlaient pas. Elle se leva sur ses jambes maintenant rendues si maigres qu’elles ne devaient même plus pouvoir supporter la reste de son corps. Où était-elle, et pourquoi était-ce si difficile de respirer tout à coup ? Elle essaya de reprendre son souffle, comme de l’habitude… mais cette fois-ci, même les cris de sa mère qui entrait dans la salle ne put lui faire reprendre.

***

Zahara avait suivi les indications de la femme et c’était rendu à l’arrêt de l’autobus, elle attendait déjà depuis 15 minutes. Elle arriva donc, faisant ralentir les battements de cœur de la jeune fille, elle y monta et attendit. Pendant les 4 heures qui la séparait de son chez-soi, elle sortit son crayon et la lettre qu’elle avait déjà entamée de son sac.
« … Je suis dans l’autobus qui va me conduire jusqu’à vous. Je n’ai jamais eu hâte de vous voir comme cela. Je me suis battu de toute mon âme pour que vous puissiez manger à votre faim, c’était mon seul désir. Je sentais l’âme de Papa en moi qui me guidait et qui m’avait laissé héritière de ses rôles comme prendre soin de vous… »

Elle sentait sa tête tourner, ses jambes se ramollir de plus en plus, mais l’heure de débarquer arrivait et l’éveilla. Elle était rendu à destination, il lui restait à trouver son appartement. C’était là que se corsait les choses. Elle réussissait à se repérer grâce au volcan qui était la fierté de son père. Elle courait, elle ne savait pas pourquoi parce que son énergie était à zéro, mais l’adrénaline qui était encore en elle et la hâte de retrouver sa famille la brûlait. Elle se retrouva un moment sur une rue qu’elle connaissait.

Tout à coup, les souvenirs lui revint, elle se rappelait. Zahara se trouvait à deux petites rues de terre de chez elle. Elle reconnaissait même les marchands qui s’y promenaient avec leur chariots. Elle laissa aller ses jambes de toutes ses forces, quand soudainement, elles commençaient à flancher. Elle voyait sa maison au loin, avec des serviettes accrochés sur la rampe du balcon. Sa mère sorti sur le perron., elle la vit courir au loin, dans la rue perpendiculaire à la sienne. Elle descendit les escaliers du bloc appartement elle courut elle aussi dans le même rue. Zahara ne voyait plus rien, tout était rendu noir tout à coup, ses jambes ramollissaient à chaque pas qu’elle faisait. Elle essayait de lutter le plus longtemps possible mais elle sentait que ses forces n’étaient plus au rendez-vous, son cœur battait de moins en moins vite. Son petit corps frêle ne faisait même plus un mouvement normal. Sa mère était à quelque mètres d’elle, elle sentait sa présence venir car elle ne la voyait pas.

Elle tomba au sol. Laurie avait du mal à respirer, la terre tournait mais la voix de ses frères et sœurs atteignaient encore ses oreilles. Elle sentait l’odeur de Locas au-dessus de sa tête, c’était tout ce qu’elle percevait. Tous les membres de sa famille l’enlaçaient en plein milieu de la rue, les larmes aux yeux. En fait, aucun d’eux ne savait comment agir. Ils attendait que Zahara reprennent des forces, mais la jeune fille savait bien qu’elle ne pourrait pas. Lena fouilla dans son sac, cherchant de quoi pouvant aider sa sœur. Elle sorti la lettre qu’elle avait écrite pendant le trajet. Sans savoir pourquoi, elle lu la fin, comme si celle-ci était la plus importante. Elle avait raison, ce l’était.
« … je vous aime tous autant un que l’autre. Maman aussi, tu es une merveille. Surtout, ne lâchez pas, la vie continue et je veillerai sur vous. Lena tu pleureras sûrement en lisant cette lettre, mais je serai probablement morte à l’heure qu’il est…mais je vous aime plus que tout, mon cœur est avec vous à tout jamais. »

***
La mère de Laurie accouru auprès de sa fille, William la suivait de près. Il vit lui aussi Laurie qui était tombé par terre trois secondes plus tôt. Elle avait encore un œil ouvert, mais son souffle était si saccadé qu’elle ne pouvait plus se contenir. Elle regarda sa mère et s’excusa tendrement. Elle regarda William et il comprit aussitôt qu’elle désirait un baiser sur ses lèvres, il l’embrassa. Jonathan arriva en trombe dans la chambre et s’agenouilla aux côtés de sa femme et de sa fille. Il flatta le visage de Laurie. Ses yeux s’abandonnèrent, ses bras se relâchèrent, elle pouvait maintenant partir. Ses forces se divisaient, elle ne luttait plus maintenant, elle était tellement entourée ! Elle donna sa démission, elle baissa les bras, elle lâchait prise et se laissa mourir de faim, de fatigue et de souffrance. Elle a perdu son seul combat contre la faim.
***
Locas dévisageait Zahara, avant que Lena éclate en sanglot, il murmura : « Elle est morte, mais elle veille sur nous. » Sa mère le regarda, sûre que l’espoir n’était pas éteint. Elle arracha la lettre de la main de sa fille et la lu. Elle hurla de mal et de tristesse. Elle brassait Zahara, comme si elle avait voulu la réveiller, mais son corps était inerte. Elle pleura son âme au complet, elle pleura sa fille avec ses tripes. Rihanna et Maloé pleurait aussi, mais seulement parce que leur mère était triste, elles comprenaient pas pourquoi Zahara était étendue comme ça sur le sol de terre.

Zahara était morte de courage et de persévérance. Elle est morte de s’avoir battu contre la famine des gens qu’elle aime. Elle a perdu son seul combat contre la faim.
***
Aucune des deux n’a pu être sauvé. Le dernier espoir qu’il reste, c’est vous lorsque vous réaliserez la chance que vous avez de manger chaque jour sans difficultés, lorsque vous comprendrez à quel point les membres de votre famille sont importants, et que vous, suite à cette lecture prendrez une grande respiration pour sentir à quelle point vous êtes vivant. Accrochez la vie et faites d’elle la plus merveilleuse qui soit, sachant que vous êtes le seul à déterminer votre fin. Alors, pourquoi ne pas vivre sans fin ?

Christine Sauvé
16 ans
#2005


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